Des épices du Monde à Espelette
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Pachamama – Les Epices du Monde à Espelette

Un voyage coloré aux mille parfums avec Virigine Curutchet  

Des effluves du monde parfument la rue principale ! D’où cela vient-il ? Les cinq sens en éveil invitent à partir en voyage dans la boutique de Virginie Curutchet, où sont référencées près de 130 épices, aromates, poivres, sucres et mélanges maison, en partenariat avec les Récoltes du Monde à Saint Jean Pied de Port. Rares, mystérieuses, elles sont le symbole épicé d’aventures et d’histoires depuis la nuit des Temps.

Du Piment d’Espelette aux Epices du Monde

Sa rencontre avec Thierry Darmon « Les Récoltes du Monde » à Saint Jean Pied de Port, lui donne l’idée d’un partenariat autour des Epices du Monde « Depuis longtemps, j’avais envie de proposer d’autres épices que mon piment. Je n’avais pas assez de connaissances pour le faire seule. Cette collaboration m’apprend beaucoup de choses, bien aiguillée vers des sélections de produit qui intéresse les gens, des incontournables. Pour un goût et des saveurs de qualité, nous proposons des produits de l’année, récoltés à travers le monde sans OGM, non ionisés et sans traitement », souligne Virigine Curutchet, productrice de piments d’Espelette sur des parcelles situées sur les villages d’Espelette, Cambo et Itxassou.

Ses racines sont à la ferme familiale, d’élevage de vaches et de production de piments entre ses grands-parents et parents. En 2005, elle reprend la production de piment tout en partageant sa passion pour son métier autour de sa boutique « Ezpeletako Izarra » ouverte en 2011 « J’ai besoin de la terre et du contact avec les gens. La terre, le soir on sait pourquoi on est fatigué ! J’ai grandi dans ce milieu que j’aime et que je partage avec les gens ». Tout est produit maison depuis le semis jusqu’à la production de poudre, de cordes et autres créations qu’elle propose dans sa boutique avec ceux de producteurs utilisant son piment, comme la ferme Maryse Doyharçabal à St Pée, le foie gras d’Hagetmau, etc…

Prévue en mars 2020, la boutique a ouvert ses portes le samedi 27 juin. En quelques jours, le nom circule dans le village et rayonne alentour. « Les épices, chacun les utilise à son goût, selon son palais des viandes aux riz et pâtes, en passant par les desserts, tout est possible. Les épices n’ont pas toutes les mêmes caractéristiques. Elles ne s’utilisent pas au même moment de la cuisson, selon que l’on mijote, marine ou saisit un ingrédient. », confie Virginie à ses clients. Munie de son décilitre, elle raconte les épices, comment les utiliser, les conserver. Belges en vacances au Pays Basque depuis de très nombreuses années, Aude et sa fille Lou-Anne soulignent « Nous utilisons beaucoup les épices en cuisine selon l’inspiration et l’humeur du jour ! Chaque fois c’est un plaisir de sentir des choses différentes, de créer en prenant le temps de préparer des recettes. Un même plat prend une nouvelle dimension selon les épices utilisées. Nous découvrons la boutique, et il y a un très large choix et en qualité ».

Depuis des millénaires, les épices parfument les plats et soignent…

Rares et chères, servant de monnaie d’échange, les épices sont à l’origine de notre expression « payer en espèces » ! Depuis quand les hommes commercent et utilisent les épices ? Il n’y a pas de réponses précises, si ce n’est qu’il y a plus de quatre mille ans, elles étaient déjà très recherchées. Leur valeur élevée était liée du fait de zones de production lointaines, des risques de périlleux voyage, mais aussi de la multiplication des intermédiaires.

Utilisées pour leurs propriétés antiseptiques et thérapeutiques comme en témoigne l’un des plus ancien traité de médecine « Le papyrus égyptien Ebers » rédigé il y a plus de 3500 ans, sur les bienfaits du safran, de l’anis, du carvi, de la cardamome ou encore du fenugrec. Ce sont aussi des onguents à base d’épices appliqués sur la peau pour protéger du desséchement et les piqures d’insectes…

En France, c’est au Moyen Age qu’apparait le mot français « épice », au XII° siècle précisément. En cuisine, les premières traces écrites datent de 1486, dans le célèbre livre « Le Viandier » de Guillaume Tirel dit Taillevent (1320 – 1395), un des plus grands maîtres queux français. En exemple, cette recette de Tarte aux Pommes, dans laquelle sont incorporées de l’oignon frit au beurre ou à l’huile, du vin, du safran, synamome, gingembre blanc, anis…

Le retour des épices dans la gastronomie

Entre le XIVe et le XVe, la « folie des épices » s’empare de l’Europe aristocratique. Après une utilisation abondante en cuisine, aromatisant le vin, les dragées, la fin du XVIIe annonce une changement dans sa consommation. Le respect du goût naturel des aliments est porté par des cuisiniers du royaume, entre autres Nicolas de Bonnefons en 1655, et Pierre de Lune et son « bouquet garni » en 1756.  Au cours des siècles, le goût pour les épices s’affaiblit, de nouveaux aliments « exotiques » ont pris la place dans leur fonction de « distinction sociale », comme l’arrivée du sucre, puis le chocolat, le café… « L’expansion de la production et du commerce des épices n’avait fait que réduire progressivement leur prix et, du coup, les avait rendues de plus en plus « banales » » !

Au XIX° siècle, le mythe des épices prend fin, jusqu’au regain d’intérêt à nos jours par des gourmets et chefs, intégrant ces arômes subtils avec sensibilité dans leurs cuisines.

Les chefs et gourmets du Pays Basque ont désormais un lieu unique de saveurs pour accompagner toutes les recettes…

PATCHAMAMA, les Épices du Monde rue principale à Espelette 7j/7j de 10h à 19h. Contact 06 24 37 47 68

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